Alcool et dépendance chez les jeunes : billet n°2




Compte rendu d’interview

Dans le cadre d’une interview sur le thème de : « l’alcool chez les jeunes », nous avons interviewé une quinzaine de jeunes, principalement des étudiants de 17 à 23 ans provenant de différents milieux et ayant des cadres de vies hétérogène. L’interview, d’une vingtaine de minutes, et contenant une dizaine de questions, consistait à questionner ces jeunes sur leur consommation hebdomadaire d’alcool individuelle. C’est-à-dire aussi bien les jours de cours que les fameux « jeudis soir » étudiants, ou autres apéros, soirées, et différents évènements auxquels les étudiants sont généralement invités durant leurs années d’études. Les étudiants étaient aussi tenus de donner des détails quant à leur première consommation d’alcool, puis d’alcool fort. Enfin il leur été demandé de se projeter dans l’avenir afin de savoir quel serait de manière prévisionnelle leur consommation d’alcool. La synthèse de l’ensemble de ces interviews nous a permis d’en tirer une conclusion sur la sécurité, la consommation excessive d’alcool et leur maitrise de l’alcool.


La première question portait sur la différence de la quantité d’alcool consommée entre notre génération et celle de nos parents. Et c’est étonnamment une égalité parfaite qui s’est constituée sur la réponse des différents candidats. Avec une moitié qui votait pour une génération plus libérée, ayant accès à plus de libertés et ce à un plus jeune âge, ainsi qu’une démocratisation de l’alcool fort pour les femmes.
L’autre part insistait sur la sensibilisation des jeunes sur l’alcool, que ce soit par des pubs, différentes préventions, ou encore amendes, restrictions et sanctions beaucoup plus fortes qu’auparavant. Enfin les deux moitiés étaient en accord sur un point, les jeunes font bien plus attention avec la conduite au volant et l’alcool qu’auparavant.
Les autres questions traitaient de l’aspect personnel de consommation d’alcool. Les résultats sont révélateurs et prônent pour une génération largement consommatrice d’alcool. Avec une moyenne d’âge de 13.5 ans pour le premier verre d’alcool, plus des ¾ des jeunes interrogés avouent consommer plus de 2 à 3 fois de l’alcool par semaine, dont une fois de manière excessive. Ou encore ¼ de l’échantillon se dit avoir déjà ressenti un léger manque d’alcool et qui de manière occasionnelle boit seul. Ça en a fait réfléchir plus d’un ! Les autres mettent un point d’honneur à ne surtout pas boire seul, c’est même la : « Règle d’or » selon Martin, 22 ans.




La troisième partie était centrée sur l’aspect de l’alcool en soirée. La première question : « Concevez-vous une soirée sans alcool ? », et sa réponse amusante ou effrayante, un « NON » général, fait transparaître ce que sont (sans grandes surprises) les soirées étudiantes. De fait il serait possible d’en faire une, (très rarement), mais ça n’est pas conseillé selon nos brillants étudiants.
 En effet les doses sont hallucinantes, avec 8 personnes sur 10 qui consomment plus de 7 verres d’alcool fort dans une soirée, dosés généreusement… Et ça part à la volé jusqu’à 16 verres de « Hard » pour les plus téméraires. Et les effets se font ressentir et ne sont pas sans conséquences puisque tous les étudiants affirment avoir totalement oubliés les faits de leur soirée au moins une fois dans leur vie, avec une moyenne de 4 à 5 fois et un record de 12.

Afin d’illustrer cette interview, voici un graphique montrant l’âge auquel les jeunes ont consommé de l’alcool pour la première fois, leur consommation d’alcool hebdomadaire ainsi que le manque que certains peuvent ressentir.


(Toutes les données de ce graphique ont été retranscrites le plus fidèlement possible par rapport aux réponses des jeunes interrogés) 




Grâce à ce graphique, on peut remarquer que les jeunes qui ressentent un manque même faible sont ceux qui consomment le plus régulièrement de l’alcool dans la semaine. Ce qui illustre bien le fait que l’alcool est une drogue dont on peut rapidement devenir dépendant.
L’alcool ne leur parait pas être une mauvaise chose, à condition de connaître ses limites, et de ne pas en abuser. Certains ont été élevés avec et parlent de « culture du vin à table ». Le propre du bon français. Ils ne se croient dépendants de l’alcool, mais parfois se font des frayeurs et n’en sont pas si loin. Mais tous semblent vouloir décélérer leur consommation d’alcool vers leur 25/30 ans. Comme s’ils étaient portés par un mouvement étudiant ou sociétal.
La société n’aurait-elle pas une part d’influence quant à la consommation d’alcool des étudiants ? Sur ce point les avis sont partagés. Les campagnards pensent plus à une culture et une ambiance familiale, influencés par leurs amis. Les citadins penchent pour un oui mais ne savent pas vraiment pourquoi…


Ce que nous retiendrons en fin de compte c’est que le français boit. Il boit beaucoup, c’est dans les mœurs. Les étudiants sont de bons vivants, cet échantillon assez représentatif de la majorité des jeunes de nos jours le met en évidence de manière flagrante. Les générations commencent à boire de plus en plus tôt, autant les hommes que les femmes. Les précautions au niveau de la conduite évoluent de la même manière. Les soirées sont nombreuses et les quantités disproportionnées, ce qui en amènent certains à la question de la dépendance. Alors on s’amuse, « on se la colle », mais l’alcool n’est-il pas plus une fuite en soit pour ces jeunes en quête d’eux-mêmes, de confiance en soit, d’assurance, qui ont tout à construire mais à qui on demande de faire des choix radicaux dans leurs choix de vies ?


Rédacteurs : Josselin DUNG & Sébastien du LAU d'ALLEMANS
Relecteur : Antonin MOREAUX

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Alcool et dépendance chez les jeunes